Corine Fiorenti

Virus émotionnel, tous concernés!

23 Séptembre 2022

Pourquoi parler de virus émotionnel à l’heure ou la crise sanitaire de 2020 s’éternise? 

Nous n’avons jamais autant entendu parlé de virus, et plus spécifiquement du très célèbre COVID 19. Alors pourquoi s’intéresser au “virus émotionnel”?  Parcequ’il existe un autre virus, bien plus présent et bien plus transmissible: le virus émotionnel. C’est un sujet dont on parle peu au regard de sa puissance et de sa diffusion.

En effet, il anime les cellules biologiques de 100% des 7.7 milliards d’humains sur terre et ceux 24h sur 24 et 7 jours sur 7.

Nous en sommes tous porteur et ceux tout au long de notre vie, toute la journée, ou que nous allions. 

Alors nous pourrions nous demander si nous lui accordons toute l’importance qu’il mérite au regard de son ampleur et de la place qu’il occupe dans nos vies?

Pourquoi lancer une alerte au virus émotionnel ?

Parce que nous sommes avant tout des êtres biologiques. Et nos émotions sont la manifestation biologique de notre contact avec notre environnement. Que ce soit les lieux ou nous allons ou les personnes que nous fréquentons? Cela concerne aussi, ce que nous entendons, sentons, mangeons, disons etc…

Comme notre environnement influe notre biologie, nous impactons aussi notre environnement. Nous pouvons alors comprendre qu’en prendre soin est à la fois bénéfique pour nous et nos proches. 

A noter que les expérience émotionnelles sont uniques pour chacun. On pourrait même dire « égoïste » (même si la mot est connoté). En effet chaque organisme perçoit le monde, les situations, l’environnement dans lequel il se trouve de façon unique.  Sans compter que l’expérience peut aussi varier d’instant en instant pour le même individu. C’est toute la richesse de la diversité et de l’unicité, des personnes, de leurs perceptions et de leurs capacités d’adaptation et d’évolution.

Egoïste aussi parce que personne d’autre qu’un individu ne peut mieux se comprendre que lui-même. Ainsi chaque individu reste singulier et responsable de son existence. Il n’y a donc en matière d’émotions aucunes vérités. Seulement des expériences singulières. Certes nos perceptions sont influencées par nos croyances, notre éducation, notre histoire, nos pensées mais aussi et surtout par notre environnement.

Comment se transmet un virus?

La deuxième raison pour s’intéresser au: “virus émotionel” , c’est sa capacité de transmission et de contagion. 

Qui n’a jamais rencontré une personne en colère qui vient vous voir. Elle vous transmet son émotion en vous racontant son histoire, et vous voilà envahi avant même que vous puissiez vous en prémunir. Vous êtes à votre tour pris dans le tourbillon d’une colère qui ne vous appartient pas…. Ce phénomène de transmission est aussi vrai avec les sentiments positifs. 

Mais il semblerait que selon les recherches en psychologie, les émotions négatives s’imprimeraient de façon plus importantes et plus durables que les émotions positives. 

Alors la prudence est de mise sur nos fréquentations et les environnements dans lesquelles nous évoluons. Et nous avons aussi tout intêtret à prendre soin de nos émotions car elles impactent à leur tour notre environnement. Il est cette fois de notre responsabilité d’en prendre soin.

Les neurones miroirs

Lors de la rencontre et du contact avec une personne cette contagion est très rapide. En effet il suffit de quelques millièmes de secondes pour que la propagation ait lieu. C’est une onde qui se propage à la vitesse de l’éclair et qui peut de proche en proche toucher beaucoup de monde. 

La réceptivité des états émotionnels des autres est aussi la base de notre humanité, de notre empathie.Elle vient combler notre souhait de nous faire socialement accepter. C’est la raison pour laquelle, lors d’une rencontre nous avons tendance inconsciemment à nous synchronisé à notre interlocuteur, à adopter les mêmes expressions de visage, de ton de voix, du langage ou de la posture corporelle…C’est un phénomène bien connu dans bon nombre des courants psychologiques comme la PNL (programmation neuro-linguistique). 

La contagion du virus émotionnel est  « animale » ou dit autrement instinctive. Elle aurait un rôle « adaptatif et fonctionnel » de préservation de la proximité sociale des humains.  

Que se passe t-il alors dans les cellules de notre cerveau ? Les chercheurs ont mis en évidence d’abord chez les animaux puis chez l’homme en 2010 que  certaines parties de notre cerveau essentiellement préfrontales s’activent lors d’une rencontre ou d’une expérience lorsque les émotions sont engagées. C’est le rôle des neurones miroirs qui mettent en résonnance à la situation et à l’interlocuteur. 

Lorsque nous développons ce principe d’empathie, ou capacité à se mettre à la place de l’autre, nous enrichissons nos relations, elles sont plus fluides et plus agréables.

C’est aussi ce que le théâtre et le cinéma ont bien compris avant même que la science ne vienne en apporter la preuve. En nous transportant dans des situations émotionnellement impliquantes les acteurs viennent stimuler la résonnance de nos neurones miroirs.

Vit on une vague de contagion du virus émotionnel au niveau planétaire?

A l’heure de la mondialisation, plus personne n’échappe à l’hyper-connectivité. La pricipale conséquence est la transmission rapide et sans filtre de l’information au niveau mondiale. A cela s’ajoute la crise sanitaire du COVID 19, les risques politicos économiques à l’échelle internationale qui ne font qu’accroitre la propagation d’un climat à charge émotionnelle négative élevée.

Avec pour première conséquence, la spectre de la crise économique qui se profile pour quelques années. La surabondance à laquelle notre société de consommation nous a habituée est ébranlée avec les possibles pénuries en matière première, et en biens de consommation du fait de l’inflation …. Ces menaces viennent réveiller une des peurs les plus ancestrales des hommes, celle du manque.

Force est donc de constater que la contagion va bon train du côté de la sollicitation émotionnelle.

A en juger de la période tumultueuse que nous traversons il serait bon que nous jaugions individuellement notre niveau sur l’échelle de l’alerte au virus émotionnel planétaire! Ici pas question de vaccination mais bien d’un prise de conscience de là ou nous en sommes individuellement.

Pourrions-nous parler de « dérèglement émotionnel » à l’échelle planétaire?  A l’image du « dérèglement climatique ». Ne dit on pas d’ailleurs que nous faisons notre météo intérieure…c’est un exercice que je propose à mes patients en séance afin qu’ils prennent conscience de leur état émotionnel du moment. C’est une écologie personnelle que je ne serai vous recommander de cultiver.

Et vous, quel est votre état émotionnel, là maintenant ?

Quelles solutions pouvons-nous imaginer ?

 Nous avons vu que prendre conscience de son état émotionnel est déjà un premier pas. 

S’offrir  une temps pour soi et et ancrer cette habitude dans la durée en est un second. 

J’en développerai les bienfaits dans un prochain article.

Trouver des moyens d’inverser la tendance pour renouer avec des émotions positives.

Les moyens les plus simples peuvent être: 

  •  améliorer son hygiène de vie (sommeil, repos, alimentation, activité physique…), 
  •  se promener dans la nature si bénéfique pour notre corps et notre esprit, être en contact avec des animaux….
  •  un retour aux valeurs sures que sont la famille, les amis (si ils sont en capacité eux aussi à des échanges positifs)…
  •  tout ce qui vous fait du bien, car en matière de bien être aussi nous restons des êtres singuliers

Et si c’est trop difficile vous pouvez choisir de vous faire accompagner soit en thérapie, je consulte en présentiel à Versailles ainsi qu’en distanciel. 

Soit en participant aux ateliers de méditation thérapeutique qui j’anime. C’est une façon simple de faire une pause et de se reconnecter à soi. Mes patients témoignent d’un profond soulagement, et me disent que leur bien-être émotionnel s’améliore au fil des séances. C’est déjà beaucoup!