Corine Fiorenti

Biais cognitif - biais de jugement - Bias de raisonnement

Découvrez comment votre cerveau vous piège?

Versailles Juillet 2023

Avez-vous déjà pris une décision rapide en toute confiance. Vous pensiez cette décision fondée sur des arguments censée. Et qui finalement s’est retournée contre vous et que vous avez regrété ?

Si oui, vous avez probablement été influencé par l’un des 200 biais cognitifs recensés en psychologie.

En effet un biais cognitif, également appelé biais psychologique est la tendance à prendre des décisions ou à agir de manière irrationnelle. Sans le savoir. Parce que c’est votre inconscient qui prend le contrôle. Et votre cerveau qui vous joue de tours. Alors comment faire face à cette limitation de votre cerveau? Comment dejouer ces pensées trompeuses et faussement logique qui vous font prendre de mauvaises décisions? Ou adopter des comportements contre productifs?

Par exemple, vous pourriez inconsciemment faire un usage sélectif des données en votre possession. Ou vous pourriez aussi vous sentir poussé à prendre une décision influencé par les collègues d’un niveau hiérarchique supérieur au votre.

Dans cet article, je souhaite vous expliquer le concept de bias cognitifs et vous en donner des exemples. Cette connaissance vous permettra d’apporter plus de conscience sur le réel. De déjouer de ce qui se joue dans certaines situations. Nous analyserons en détail certains types de biais cognitifs qui sont les plus communs. Des exemples pourront illsutrer cette liste de biais cognitifs. Nous détaillerons ensuite comment les éviter. Afin que vous puissiez prendre de meilleures décisions avec plus d’objectivité.

Le monde recèle beaucoup d’informations auxquelles nous n’avons pas accès. En fait, à titre individuel nous n’avons accès qu’à une petite partie des informations présente pour un sujet. Et cela sans que nous en ayons vraimant conscience. De plus, nous trions et filtrons sans cesse des nouvelles données qui nous parviennent de notre environnement. Notre cerveau perçoit la vie comme « une histoire » qui s’inscrit dans le temps. Histoire, que nous pouvons façonner et modifier à foison.

 

Qu’est ce qu'un biais cognitif ?

Le concept de biais cognitif a été développé par deux psychologues américains Amos Tversky et Daniel Kahneman. Dans les années 1970, leurs recherches portent sur les raisons pour lesquelles les gens ont du mal à porter un raisonnement juste et à juger objectivement dans certaines situations. Les résultats de leurs travaux mettent en évidence un ensemble de biais psychologiques, appellés biais cognitifs. 

La définition du biais cognitif peut être un ensemble d’erreurs mentales prévisibles qui découlent de notre capacité limitée à traiter objectivement l’information. Cela peut entraîner des décisions illogiques et irrationnelles. De plus, cela peut nous amener à mal évaluer les risques et les menaces de certaines sitiations ou personnes.

Ces mauvaises décisions peuvent s’expliquer par différentes causes. Comme par exemple les valeurs, la mémoire, la socialisation et d’autres attributs personnels. Il existe de nombreux préjugés, affectant un large éventail de comportements, notamment la prise de décision, le jugement, les croyances et les interactions sociales.

Pourquoi les biais cognitifs existent-ils ?

Si nous regardons de plus près les problèmes que cette question soulève. Il devient bien plus simple de comprendre le pourquoi des biais cognitifs. Les biais cognitifs peuvent être compris, comme simplement utiles au cerveau. Car dans certaines situation le cerveau n’a pas d’autre choix que celui des compromis avec la réalité qu’ils induisent. A ce titre il existe autant des biais cognitifs (qui biaisent notre perception de la réalité) que des leviers d’action, pour traiter l’information de notre environnement. Tous ces éléments dont nous avons besoin pour pouvoir prendre des décisions pertinentes rapidement et à moindre effort.

Dans le fond, les biais cognitifs nous aident fondamentalement à faire face à 4 situations ordinaires et contraigantes dans la vie quotidienne:

  • Mémorisation ou ce dont nous devons nous rappeler : Lors de la résolution de problèmes, notre cerveau doit se rappeler des informations les plus importantes et utiles. Et toutes ces informations en mémoire à sa disposition sont parfois en grand nombre.
  • Trop d’information : Afin d’éviter de ne pas être submerger par trop d’information, notre cerveau doit aussi trier et filtrer un nombre incroyable d’informations. Certains biais cognitifs vont se mettre au servir de cet objectif. A savoir alleger la charge mentale en faisant du tri.
  • Le besoin d’agir vite : le cerveau doit parfois prendre des décisions en une fraction de seconde afin d’augmenter nos chances de survie, de sécurité ou de succès. Il doit donc intégrer la nécessité d’une réaction rapide.
  • Pas assez de sens : Pour nous aider à construire du sens à partir de l’ensemble des informations disponibles. Nous devons combler les manques et élargir notre vision singulière. Afin de créer notre propre vision du monde. Dans le même temps et pour combler notre besoin de sécurité, nous avons également besoin d’en assurer la stabilité et l’efficacité.

Depuis plus de trente ans, les recherches et la littérature sur le sujet ont repéré plus de 200 biais cognitifs ! J’ai sélectionné pour vous une liste des 20 biais cognitifs les plus importants et que vous devriez connaitre.

Le biais cognitif est différent du mensonge

La différence entre les biais cognitifs et le mensonge, c’est que le biais cognitif est complétement inconscient. Il est presque systématique et il est difficile de s’y soustraire. Sauf à faire un travail sur soi-même important et se poser les bonnes questions.  

C’est en apportant plus de conscience sur nos premiers réflexes. Et en les interrogeant que nous pouvons agir. Ensuite seulement les interroger pour les remettre en question. A moins de procéder à ce questionnement, les biais cognitifs subsisteront dans nos raisonnements. Et surtout nos décisions en resteront altérées. 

Souvent, l’aide d’une personne extérieure pourra mettre à jour le système de la pensée erronée. Car le risque, est bien de rester aveuglé par ses propres biais cognitifs. 

Un exemple de biais cognitif, c’est un peu comme porter des lunettes teintées en permanence, qui altère notre vision du monde d’une certaine couleur. Au bout d’un certain temps, nous devenons persuadés que le monde est réellement bleu ou rouge ou… ! Malheureusement, nous sommes tous plus ou moins aux prises avec quelques-uns de ces biais cognitifs que nous allons détailler.

Liste des 20 biais cognitifs les plus répandus

J’ai sélectionné pour vous une liste des 20 biais cognitifs les plus significatifs, qui peuvent influencer notre perception et notre prise de décision. Les professionnels de la santé mental ont identifiés une liste de plus de 200 biais cognitifs. Vous trouverez l’exaustivité de cette liste des biais cognitifs dans le codex, voir Le codex des biais cognitifs.

En comprenant ces distorsions de la pensée, vous serez mieux préparés à faire face aux erreurs de jugement courants. A diminuer les risques de mauvaises décisions. Et surtout à améliorer votre santé mentale et votre bien être psychologique. Voici donc une liste des 20 biais cognitifs clés à connaitre, identifié par des psychologues en recherche psychologique que j’ai minutieusement sélectionné pour vous :

  1. Biais de confirmation : Nous sommes attirés par les détails qui confirment nos propres croyances préexistantes. Ce biais nous pousse à rechercher, interpréter et rappeler sélectivement les informations qui confirment nos croyances. Tandis que nous négligeons ou ignorons les preuves contraires.
  2. Biais de disponibilité: ce biais aussi appelé l’heuristique de disponibilité est un mode de raisonnement qui consiste à se baser uniquement ou principalement sur les informations immédiatement disponibles en mémoire. Les informations peuvent avoir été récemment vécues ou médiatisées. Donc avoir un impact disproportionné sur nos jugements. L’heuristique de disponibilité ne mène pas forcément à des conclusions biaisées. En effet, il peut s’agir d’un mode de raisonnement efficace qui permet de résoudre un problème avec un effort cognitif minimal.
  3. L’effet de haloeffet de notoriété ou encore effet de contamination. C’est un biais cognitif qui affecte la perception que l’on a des personnes, des groupes ou des marques. C’est une interprétation et une perception sélective d’informations. Cette sélection retient en effet prioritairement le sens d’une première impression. Ou plus communément « il ne voit que ce qu’il veut bien voir ». Ainsi une caractéristique jugée positive à propos d’une personne, d’un groupe a tendance à rendre plus positives les autres caractéristiques de cette personne. Ce biais intervient sans même connaitre les autres caractéristiques. Cela est aussi vrai pour une caractéristique négative.
  4. Biais de représentativité ou erreur de conjonction : Ce biais consiste à baser son jugement sur des informations personnalisante plutôt que des statistiques. Nous avons tendance à ignorer les objectifs statistiques et à nous laisser guider par des stéréotypes. Ce qui explique que si la plupart des gens se trompent. C’est bien parce qu’au lieu de construire leur réponse à partir d’un raisonnement logique et probabiliste (loi d’inclusion). La plupart des gens procèdent à un raisonnement basé sur les informations représentationnelles (le texte descriptif par exemple).
  5. Biais de cadrage ou effet de cadrage (Framing Effect) est le biais cognitif par lequel nous réagissons différemment aux messages ou aux choix que l’on nous soumet. En fonction de la manière dont on nous les présente. Ce biais montre comment la façon dont une information est présentée (sous forme de gain ou de perte) influence notre prise de décision. Nous sommes souvent plus sensibles à la perte qu’au gain de potentiel.
  6. Biais d’ancrage ou de point de départ: Ce biais se manifeste dans des difficultés à se départir de sa première impression. Lors de la prise de décision, l’attention se porte sur une information initiale (l’« ancrage »).  Même si cet ancrage est peu fiable.
  7. Biais de récence : L’effet de récence, appelé aussi biais de récence, désigne un biais cognitif qui correspond à la facilité de se rappeler les derniers éléments d’une liste de stimuli que l’on doit mémoriser. Dans le language courrant on pourrait dire, c’est le dernier qui a parlé qui a raison.
  8. Biais de réaction émotionnelle : Un biais émotionnel est un phénomène psychologique lié aux émotions. Il consiste en une distorsion de la connaissance et de la décision en raison de facteurs émotionnels. Des expériences en neurosciences ont montré comment les émotions et la cognition, présentes dans différentes parties du cerveau humain intérragissent entre elles. Ces deux zones du cerveau humain interfèrent dans le processus décisionnel. Ce qui entraîne très souvent une primauté de l’émotion sur le raisonnement. Cela pourrait expliquer certaines réactions émotionnelles irrationnelles et dommageables. Et ainsi prouver que les mouvements de penée qui ont avoir lieu pendant ces émotions sont biaisés (en cas de sur-optimisme ou sur-pessimisme par exemple). Les émotions altèrent nos capacité d’un jugement jsute.
  9. Biais de sur confiance ou effet Dunning-Kruger: Ce biais se traduit par une surestimation de notre propre expertise, compétence ou probabilité de succès. Par conséquent avoir tendance à sous-estimer les risques et à ignorer les informations contradictoires. Les moins qualifiés dans un domaine pourraient surestimer leur compétence et le corollaires.  Les personnes les plus qualifiées auraient tendance à sous-estimer leur niveau de compétence.  Et elle penseraient à tort que des tâches faciles pour elles le sont aussi pour les autres.
  10. Biais de conformité sociale : Ce biais nous pousse à adopter les opinions et les comportements du groupe auquel nous appartenons. Et même si cela contredit notre propre jugement. Nous avons souvent peur d’être rejetés ou d’aller à l’encontre de la norme sociale.
  11. Biais rétrospectif : Ce biais nous conduit à surestimer notre capacité à prédire les résultats futurs, en se basant sur des informations après coup. Nous sous-estimons souvent les facteurs aléatoires qui ont engendré ces résultats.
  12. Biais d’attribution : Ce biais nous pousse à expliquer le comportement des autres en fonction de leurs traits de préférence plutôt que des circonstances externes. Nous avons tendance à surestimer l’influence des caractéristiques internes sur le comportement d’autrui. La recherche sur les biais d’attribution propose d’expliquer pourquoi et comment nous créons du sens à propos du comportement des autres et de notre propre comportement. La façon dont un observateur utilise l’information dans son environnement social pour créer une explication causale des événements. La théorie de l’attribution explique ausssi pourquoi différentes personnes peuvent interpréter le même événement de façon différente.
  13. Biais de projection ou effet de faux consensus: Ce biais nous conduit à supposer que les autres pensent, ressentent et réagissent de la même manière que nous. Nous avons du mal à prendre en compte les différences individuelles et les perspectives alternatives. L’effet de faux consensus est un biais cognitif qui a tendance à surestimer le degré d’accord que les autres ont avec soi. Que ce soit dans leurs opinions, leurs croyances, les préférences, les valeurs et les habitudes. C’est aussi la tendance égocentrique à estimer le comportement d’autrui à partir de son propre comportement.
  14. Biais de préjugé positif ou négatif : Ce biais se manifeste lorsque nous attribuons de manière disproportionnée des traits positifs à une autre personne, un groupe ou une situation. En les surestimant ou en les idéalisant sans avoir toute l’information pertinente dont nous aurions besoin. Cela peut nuire à notre capacité à évaluer objectivement les personnes et les situations.
  15. Biais de négativité : Ce biais de négativité nous amène à accorder une attention accrue aux événements négatifs ou menaçants. Nous avons en effet tendance à nous souvenir plus facilement d’un événement négatif. Ce qui peut entraîner une perception déformée de la réalité. Nous sommes plus susceptibles de nous rappeler et de réagir émotionnellement aux expériences négatives. Ces informations négatives se transforment en sources d’enseignement. Elles sont malheureusement plus souvent utilisées, alimentant bien souvent le problème.
  16. Biais d’auto complaisance : La notion de biais d’auto-complaisance désigne la tendance des gens à attribuer la causalité de leur réussite à leurs qualités propres (causes internes). Et leurs échecs à des facteurs ne dépendant pas d’eux (causes externes). Cela leur permet de maintenir une vision positive de l’image de soi. Ce biais se caractérise par une tendance à rechercher des informations qui confirment nos croyances existantes. Tout en empêchant ou en rejetant les informations qui les remettent en question. Cela peut entraver notre capacité à remettre en question nos propres idées.
  17. Biais de choix par défaut : Ce biais se produit lorsque nous optons pour une option par défaut simplement parce qu’elle est présentée comme telle. Sans évaluer réellement toutes les autres alternatives alors disponible. Cela peut en réalité conduire à des décisions non optimales.
  18. Biais d’ancienneté : Ce biais nous donne à attribuer plus de valeur, à croire à des idées, des concepts anciens plutôt qu’à des idées plus récentes. Nous pouvons par conséquent résister au changement ou ignorer de nouvelles informations et opportunités.
  19. Biais de la planification optimiste : ce biais cognitif amène une personne à croire qu’elle est moins exposée à un événement négatif que d’autres personnes. Ce biais nous pousse à surestimer nos chances de réussite. Et à sous-estimer les obstacles ou les retards potentiels lors de la planification de projets ou de la fixation d’objectifs. Cela peut conduire à une mauvaise gestion du temps et des ressources.
  20. Biais d’illusion de contrôle ou l’illusion de maitrise: Ce biais conduit les personnes à surestimer leur capacité à contrôler les événements de leur vie ou les résultats incertains. Nous avons tendance à croire à tort que nous avons un pouvoir plus grand que nous nel’avons en réalité. L’illusion survient lorsque quelqu’un a l’impression de dominer une siteuation sur laquelle il n’a en réalité aucun pouvoir

     En résumé:

En comprenant la liste des 20 biais cognitifs majeurs vous serez mieux armés pour reconnaitre et éviter les pièges de votre cerveau et de vos pensées. Force est de constaté, que ces fausses perceptions de la réalité peuvent être davantage présents chez certaines personnes. Et les risques de biais cognitifs peuvent notamment être accentués chez des personnes en période de fragilité (anxiété, dépression…) 

Par conséquent, vous pouvez continuer à attacher plus d’importances à certains éléments de la réalité qu’à d’autres. Et cela peut impacter :

  • votre capacité à prendre de bonnes décisions
  • votre santé mentale et votre bien être psychologique
  • vos relations interpersonnelles, vos relations avec autrui, vos relations familiales, vos relations professionnelles et amicales
  • votre estime de soi et votre confiance en soi
  • votre vision du monde

Ces phénomènes peuvent être traité afin d’en réduire les conséquences sur votre vie quotidienne et votre santé mentale. 

La méditation, la relaxation, la psychothérapies peuvent vous aider à y faire face. Et à prendre du recul sur les choses, les personnes et les situations. Au profit de l’amélioration de votre vie.

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